Mobile
Tablette
Medium
Laptop
Desktop Small
Desktop
08/06/2020

L’inconscience managériale

Le dirigeant peut-il déléguer le changement du mode de gouvernance de son entreprise à des collaborateurs ou est-ce une question trop critique pour qu’un autre que lui s’en empare? Assumer ou déléguer ? Telle est la question !

BA_Page Article L’inconscience managériale 1

Aussi étonnant que cela puisse paraître, de nombreux patrons choisissent de confier les rênes à leurs collaborateurs pour réinventer l’organisation et la gouvernance de leur entreprise. Un choix que j’ai pu observer régulièrement, encore récemment  avec deux entreprises dont un informaticien pour l’une et un responsable RH pour l’autre avaient été commis pour entreprendre ce chantier pour le moins ambitieux.

Qui pour prendre la décision ?

Si, en soi, il n’y a rien de nouveau dans cette situation, il me semble fondamental d’insister sur son absurdité. Car, choisir de déléguer et de mandater toute autre personne que le patron pour réinventer l’organisation, c’est un peu comme « marcher à l’envers ». C’est aussi et surtout faire preuve, de la part du patron, d’une forme de naïveté et d’une certaine inconscience. Ceci ne veut pas dire que le patron doit le faire seul mais que le changement de gouvernance est de sa responsabilité, en tant que mandataire social, responsable des actes de gestion qui lui ont été délégués à ce titre.

Ne nous méprenons pas. Décider de réinventer l’organisation, de donner vie à une nouvelle gouvernance, doit rester sous l’autorité du patron. En tant que mandataire social, il est le seul à pouvoir porter cette responsabilité, à incarner cette « accountability » qui lui confère l’autorité nécessaire. Choisir un collaborateur, même « volontaire », c’est l’affubler d’une charge, d’une responsabilité et d’une compétence qui le dépassent.

Le fruit d’une incompréhension

Soyons clairs. Il est totalement incompréhensible que le dirigeant d’une entreprise se décharge de sa responsabilité, de son mandat dès lors que l’organisation opère une transmutation. Sa gouvernance est une affaire bien trop sérieuse pour que le patron s’en désintéresse.

Car, c’est bien de cela qu’il s’agit. En opérant ainsi, en faisant preuve d’une telle incompréhension des enjeux qui traversent son entreprise, il donne à voir un désengagement hasardeux. Ne pas prendre au sérieux l’étendue du chantier qui fait face à lui, c’est faire preuve d’une certaine inconscience.

Auteur

Bernard Marie CHIQUET

Il a été plusieurs fois entrepreneur et dirigeant de grandes entreprises : Executive Director chez Capgemini, Senior Partner chez Ernst & Young, Président-Fondateur de Eurexpert. Dans un deuxième volet de sa carrière, il a acquis une compétence d’executive coach (HEC), de médiateur (CAP’M) et coach en Holacracy® depuis 2011 et Master Coach depuis Janvier 2013, le plus haut niveau de certification.

Durant toutes ces années en tant que dirigeant, il a constaté que les organisations étaient sources de beaucoup de gâchis d’énergie et humain. “Comment avoir une structure organisationnelle simple, explicite, sans jeux politiques et de domination, qui s’adapte aussi vite que le changement lui-même et permet à l’être humain de libérer son potentiel ?” C’est pour répondre à cette question et trouver des alternatives au modèle hiérarchique pyramidal qu’il a fondé l’institut iGi en 2007 (aujourd’hui renommé Nova Consul), First Holacracy® Premier Provider depuis 2010.

Aujourd’hui formateur, consultant en organisation, coach, conférencier, professeur à l’IAE Lyon School of Management (Université Jean Moulin Lyon III) et intervenant à HEC Executive Education, centré sur l’évolution des modes de gouvernance et le leadership, Bernard Marie CHIQUET a crée le Management Constitutionnel®, aboutissement de ses recherches, pour apporter des solutions concrètes, sortir du statu quo et libérer les organisations.

 

 

Pour recevoir nos derniers travaux de recherche

Archives