Si l’on sait que bien des chefs d’entreprises ou des présidents d’associations vantent les mérites de Holacracy, on connaît moins l’avis des collaborateurs. Chez Antonutti Delmas, Gaëlle Charlier, assistante de direction, nous partage son sentiment et aussi ses interrogations à propos d’une technologie tout à fait novatrice pour elle.

À peine a-t-elle goûté au privilège de travailler pour une nouvelle entreprise que Gaëlle Charlier y a, en outre, découvert une pratique de management tout à fait novatrice. À 31 ans, cette assistante de direction arrivée quatre mois auparavant au sein d’Antonutti Delmas, une société familiale de transports, a directement été invitée à faire ses classes à travers une nouvelle technologie managériale du nom de Holacracy. « Par le biais d’Antonutti Delmas, j’ai participé à une réunion de gouvernance dans mon cercle. Il y avait de la frustration au début car je ne connaissais pas du tout. Nous n’avons jamais été habitués puisque très peu d’entreprises utilisent ce nouveau concept. Il fallait donc changer nos habitudes », se souvient-elle insistant sur le caractère frustrant de ses débuts : « dès mon arrivée, on m’a expliqué la démarche. Je me suis ensuite renseignée en lisant quelques articles sur Internet. Et je vous avoue que c’était très déstabilisant et frustrant. On n’est plus sur les personnes mais sur les rôles ».

« Une fois qu’on a compris les règles du jeu, tout devient plus fluide »

Tout en concédant avoir eu pourtant l’habitude de dire ce qu’elle pense dans ses emplois précédents, elle constate néanmoins des changements notables par rapport à une organisation lambda. « Je trouve que Holacracy est une bonne technique pour mettre les choses, par écrit, au clair », explique-t-elle avant d’ajouter qu’une « fois qu’on a compris les règles du jeu, tout devient beaucoup plus fluide. Il y a tout de même une certaine retenue au tout début. Pourtant, quand on a un réel souci, c’est beaucoup plus facile de l’amener que dans une entreprise « normale » ». Arrivée le 1er octobre, Gaëlle Charlier a mis quelques temps avant de s’adapter « à la nouvelle technologie d’Antonutti Delmas ». « Sincèrement, j’ai commencé à avoir le déclic au mois de décembre », informe l’assistante de direction de l’organisation de transports.

« C’est ce qu’on appelle avoir une vision »

Mais tout n’est pas si aisé lorsque l’on débute. « Il faut tout de même pas mal de séances au début pour se mettre dans l’ambiance. Cela permet de comprendre plus facilement », explique celle qui se retrouve aujourd’hui dans deux cercles chez Antonutti Delmas, dont le cercle Parc, « mon déclic ». Après seulement quelques mois d’utilisation de Holacracy, Gaëlle Charlier note bien des bénéfices à l’instar d’autres collaborateurs. D’après elle, « ça met en évidence certains points. Tout devient clair, chacun sait ce qu’il a à faire. Dans un système classique, je n’ai pas le temps de tout faire car j’ai d’autres urgences. Désormais, on ne peut plus se permettre de remettre à plus tard car nos activités sont toutes quasiment définies ». Par ailleurs, elle se réjouit de la possibilité qu’elle a de se sentir « responsable de quelque chose, c’est ce qu’on appelle avoir une vision ».

Hâte « de voir jusqu’où ça peut aller »

Assistante de direction chez Antonutti Delmas, elle a changé ses habitudes avec ce nouveau management

Gaëlle Charlier s’accorde avec Thierry Girard, qui a repris l’entreprise il y a plusieurs mois, pour dire que Holacracy permet de créer davantage de liens entre les individus car « dans le système classique, on vient en réunion quand on est invité donc c’est un peu à la tête du client. Or, avec Holacracy chaque membre du cercle est invité, c’est une très bonne chose ». En outre, elle trouve bénéfique le fait qu’au « moment où on participe à une réunion et qu’on a des tensions, on n’accuse plus les personnes, on s’adresse aux rôles. Cela créée moins de tensions entre les individus ».
Encore novice en Holacracy, Gaëlle Charlier ressent toujours beaucoup « de curiosité par rapport à ce nouveau concept ». Lors des prochains mois, elle n’a qu’une envie : « je souhaite voir jusqu’où ça peut aller ».

Propos tenus par Gaëlle Charlier, assistante de direction, et recueillis par Anthony Poix, journaliste