L’Agilité et l’Intelligence Collective ne sont pas supportées par le modèle actuel des organisations : pour évoluer, il faut d’abord changer de véhicule !

Si vous êtes intéressés pour mettre de l’Intelligence Collective dans votre Organisation, il vous faut d’abord changer de modèle ! Si vous voulez rouler électrique, il vous faut changer de modèle de voiture. Vous ne pouvez pas passer électrique en branchant au secteur votre voiture à essence. C’est l’évidence, me direz-vous, et bien, pour les organisations, c’est la même chose. L’Intelligence Collective n’est pas supportée par les versions actuelles des organisations, tout comme l’électricité n’est pas supportée par les voitures actuelles! Alors si vous êtes intéressées par l’IC, il vous faut changer de modèle d’organisation, de véhicule organisationnel.

L’agilité pour votre organisation, tant recherchée de nos jours, compte tenu de l’environnement mouvant et incertain dans lesquels œuvrent nos organisations, n’est pas non plus supportée par le modèle des organisations d’aujourd’hui.

Le facteur Humain, appelé souvent le Précieux Facteur Humain (PFH) n’est pas compatible avec les systèmes d’organisation actuellement en vigueur – que ce soit dans le champs associatif, culturel, dans le monde de l’économie sociale et solidaire, des Collectivités Territoriales, du social business ou encore dans le monde de l’entreprise dite « de marché » pour désigner le monde économique. Alors si vous voulez mettre plus d’Humain dans votre Organisation, il vous faut d’abord changer de véhicule.

La transversalité et la gestion des Tensions ne font également pas partie des capacités des modèles d’organisation aujourd’hui disponibles.

Pour prendre une métaphore du monde de l’informatique – évoluer pour une organisation, revient à changer de système d’exploitation – ce n’est pas en ajoutant le meilleur des applicatifs au système d’exploitation de votre organisation actuelle que vous résoudrez les problèmes endémiques de votre structure. Il est temps de changer de version, il est temps de faire un « upgrade » comme on dit dans ce milieu : les applicatifs développés ces dernières décades visant le développement des personnes, du leadership, de l’empowerment, une meilleure agilité, une plus grande réactivité ne sont pas supportés par les versions actuelles du système d’exploitation de nos organisations.

Ce modèle, basée sur un modèle hiérarchique pyramidal, explicite ou implicite, matricielles ou non – pour la petite histoire, de nombreuses organisations dans lesquelles j’interviens sont fières de me dire qu’elles fonctionnent sans hiérarchie : illusion totale, deux à trois entretiens d’un quart d’heure me suffisent à la dessiner.

Certaines organisations que je connais ont quitté le modèle pyramidal, sans le remplacer par un autre système complet, et vivent le chaos, quelque soit le niveau d’évolution de leurs membres et les approches novatrices qu’elles pratiquent.

Le modèle existant a servi, il a même rempli ses bons offices pendant de longues années. Il est juste arrivé en fin de vie et il est temps de passer à autre chose.

Il est grand temps de changer. De même que le téléphone fixe filaire n’est plus adapté à nos nouveaux modes de vie, le modèle soixantenaire de nos organisations n’est plus adapté à ses modes de vie qui ont énormément changés ces vingt dernières années.

Aucune organisation n’échappe à ce modèle en vigueur depuis plus de soixante ans. Le mode de fonctionnement des structures organisationnelles n’a pas évolué d’un iota alors que dans la même période de temps, nous sommes passés du téléphone fixe à cadran et fil à l’Iphone, et de la machine à écrire à l’iPad.

De nombreuse applications périphériques au noyau dur de l’organisation, aussi pertinentes et novatrices soient-elles – lean management, coaching, team building, organisations apprenantes, théorie U, mind mapping, conscious business, etc. ont été développées durant ces dernières décades sans réussir à traiter les problèmes endémiques dont souffrent les organisations et leurs membres de façon durable et ce, dans quelque secteur d’activité que ce soit.

Et tout cela peut paraître logique. C’est comme ci, on avait voulu télécharger des Apps (applicatifs) comme par exemple un système de GPS sur un téléphone fixe filaire avec cadran d’il y a vingt ans. C’est ridicule, me direz-vous – ce type de téléchargement n’est possible que sur un téléphone de nouvelle génération de type iPhone.

C’est pourtant ce qu’on a fait au cours de deux/trois dernières décennies, sans résoudre les dysfonctionnements majeurs du modèle actuel, lesquels ne font que s’amplifier au même rythme que les changements des conditions de vie de nos organisations. Pas étonnant que cela ne marche pas. Imaginez un instant une organisation comme un être vivant et prenez conscience quelques secondes de l’évolution de ses conditions de vie au cours de ces dernières années.

Je vous invite à poser la question à n’importe qui dans votre entourage, ou posez-vous la question vous même: quelles sont les difficultés endémiques des organisations aujourd’hui ?

Je le fais depuis longtemps et à chaque fois que je rencontre une organisation et/ou donne une formation. Ce qui est tout à fait étonnant, c’est que les réponses sont toujours les mêmes à quelques détails de formulation près, et ce quelque soit la taille de l’organisation ou quelque soit le secteur d’activité considéré !

Ce modèle d’organisation qui a fait ses preuves pendant les glorieuses a commencé à devenir obsolète au fur et à mesure des changements majeurs qui sont intervenus dans son environnement. Les effets négatifs que ce modèle génère « par construction » – de mineurs sont devenus majeurs à mesure que les conditions de vie extérieures au système se sont modifiées. Ils prennent de plus en plus de place et les Apps ou les formations massives en management, en leadership, en coaching, en team building, en développement personnel dans lesquelles les entreprises ont investis largement (il n’y a qu’à aller à la FNAC regarder le nombre de livres qui traitent de ces sujets) ne traitent tout simplement pas le problème dans la profondeur qu’il mérite. Ils en traitent les symptômes de façon nécessairement éphémère ou encore ils visent à changer les personnes pour qu’elles deviennent des leaders conscient et évolués. Que d’ingérence parfois dans le chemin de vie de ces personnes – qui ne pouvaient pas réellement refuser sans prendre de risque personnel – sans compter que les quelques organisations que j’ai pu rencontrer, réputées constituées par un grand nombre de personnes dites très évoluées, voire éveillées, rencontrent les mêmes problèmes ou bien le chaos lorsqu’elles renient un modèle pyramidale qu’elle ne remplace par aucun nouveau modèle.

Et si la source du problème n’était pas liée aux êtres humains mais plutôt à l’organisation elle-même, vue comme un être vivant à part entière ? Et si courir après un nouveau leader charismatique qui va changer les choses et les hommes, qui va être l’homme ou la femme de la situation, le fameux capitaine qui va enfin gouverner le navire en fonction des nécessités de la situation ou courir après le coaching et le développement des cadres, n’était pas l’unique direction. Et si il était temps d’adresser enfin la structure même des organisations, dans toute sa profondeur – seul sujet à ma connaissance qui n’est pas encore été exploré en matière de « conduite du changement » et qui m’a conduit à créer en 2007 iGi Partners.

Au fond, n’est-ce pas tout simplement que les organisations ont juste un besoin naturel, celui d’évoluer comme chaque être vivant sur cette planète ?

Il y a donc un grand oublié dans toute cette histoire : c’est l’organisation elle-même, sa structure de base, son système de répartition du pouvoir, ses patterns engrammés depuis si longtemps, ses processus de prise de décision, le partage des ressources, le système d’autorité pour définir les autorités, etc.

Et entendons-nous bien, je ne parle pas ici ni du mode de management ni du système de rémunération qui sont en surface de ce dont je parle, tout comme les applicatifs sont en surface du système d’exploitation d’un ordinateur. Il existe tout un système d’exploitation implicite dans toute organisation. Difficile à appréhender car souvent invisible, ce système est structurant pour toutes les opérations, les comportements et l’évolution de l’Organisation. C’est ce système là qui doit être dévoilé, d’implicite rendu explicite, puis le faire évoluer pour qu’il intègre en son centre, au plus profond (dans sa construction même) de nouveaux programmes pour développer les nouvelles capacités requises par les conditions de vie actuelles et à venir : agilité, vitesse, transversalité, gestion des tensions, adaptabilité, etc. De nouvelles capacités lui permettant de se mouvoir dans les conditions d’aujourd’hui. Avec comme corollaire l’espace nécessaire et suffisant à chaque être humain pour mettre son talent au service de l’organisation et avancer à son propre rythme sur son chemin d’évolution personnel dans la vie sans ingérence d’aucune sorte : ni sauveur, ni victime, ni bourreau.

Une Organisation, c’est aussi un être vivant, même s’il est invisible à nos yeux. Une organisation ne peut se réduire aux êtres humains qui la composent. Il est tant de sortir de l’illusion qui nous amène depuis si longtemps déjà dans une impasse!

L’évolution des Organisations passe donc par la modification de sa structure profonde pour lui permettre de se doter de nouvelles capacités : elles qui sont requises par ses nouvelles conditions de vie. Ces capacités là ne sont supportées que par de nouveaux véhicules organisationnels.

Une nouvelle génération d’Organisations est en train de naître !

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