Interview de Bernard Marie Chiquet, fondateur de l’institut iGi

Chez l’institut iGi, nous croyons que la puissance de l’outil holacratie réside dans sa constitution. C’est pour cela, qu’en tant qu’institut de recherche nous mettons toute notre énergie à tester cet outil aux limites. Lorsqu’un dirigeant adopte la constitution, il délègue son pouvoir à cette constitution et tout le monde dans l’entreprise devient soumis aux mêmes règles du jeu, y compris elle/lui. Le lien de subordination du contrat de travail est donc transféré du dirigeant/manager vers cette constitution. Cette bascule de pouvoir nous semble essentiel, c’est ce que nous appelons « Powershift ». Au delà de l’holacratie, Bernard Marie Chiquet défini le « management constitutionnel » (terme qu’il a créé) comme « rien d’autre qu’un système managérial dans lequel ceux qui en ont le pouvoir, le plus souvent les dirigeants, adoptent une constitution pour l’organisation, laquelle régit la façon d’exercer le pouvoir à travers des règles et des processus qui s’appliquent à tous, y compris à eux-mêmes. Ce système permet de passer d’un pouvoir hiérarchique à un pouvoir constitutionnel qui fait loi, c’est-à-dire encadré et distribué selon les règles de droit définies dans la constitution choisie. Chacun devient détenteur de certains pouvoirs selon ses rôles, qui sont encadrés et limités par des politiques qui engagent chacun. »