Échange avec Bernard Marie Chiquet

Aller vers le self-management est un chemin difficile pour l’employé. Cela nécessite un changement radical de son environnement de travail, et requiert de la personne qu’elle décide de changer son identité professionnelle. Pour permettre l’émergence et le développement de “self-managers” au sein de l’organisation constitutionnelle, un changement d’identité du collaborateur est nécessaire. En effet, le “self-manager” ne se contente pas et ne se définit plus par le travail qu’il fait. Il incarne, assume et gère un ou plusieurs rôles sur lesquels il exerce son libre arbitre, une forme de souveraineté, tel un véritable patron d’entreprise. Le salarié devient leader de rôle, créateur de valeurs. Dans la zone d’autorité attribuée à son rôle, il devient le véritable patron d’une sorte de « mini-entreprise ». Il bascule, avec les autres rôles dans et hors l’organisation, dans une relation de pair-à-pair, de client / fournisseur. Mais, pour se faire, le collaborateur doit apprendre à prendre le recul requis, à savoir « descendre de vélo régulièrement pour se regarder pédaler ».