Si de nombreux témoignages vantent les qualités de Holacracy, seulement quelques semaines après l’avoir adoptée, d’autres en ont fait leur essence même. C’est le cas du bureau de presse Emmapom qui a pu gérer un virage serré et devenir L’Agence nouvelle culture grâce à cette nouvelle gouvernance. Fondatrice, Emmanuelle Pometan donne les principaux ingrédients de sa réussite par le biais de Holacracy.

« Souplesse », « ambiance d’équipe détendue », « business model adapté à l’environnement actuel ». Par ces mots, pour le moins positifs, Emmanuelle Pometan a tenu à transmettre tout le dynamisme insufflé par une décision prise, en compagnie de ses collaborateurs, il y a un an. Fondatrice du bureau de presse Emmapom, elle peut aujourd’hui déclarer que Holacracy a fortement contribué à la naissance de L’Agence nouvelle culture dont la raison d’être est « Faire bouger les lignes ! ».

« Bouger les lignes, c’est communiquer au plus grand nombre des idées, des concepts, des actions, des projets qui nous bousculent dans nos habitudes, dans notre grille de lecture du monde pour avancer vers ce nouveau paradigme qui se dessine de par un changement systémiques des valeurs sociétales ». L’organisation porte aujourd’hui des clients prestigieux tels Pierre Rabhi, WECF, Ecocert, Vittel, Pur Projet ou encore le réseau social Peuplade. « Notre objectif : participer à l’émergence d’une nouvelle culture de société par une communication authentique déployée à partir de la raison d’être du client », résume cette passionnée.

Holacracy, le moyen de sortir de « l’esclavage » professionnel

Si aujourd’hui L’Agence nouvelle culture récolte les fruits de sa nouvelle organisation avec Holacracy, tout n’a pas toujours été aussi radieux. Emmanuelle se souvient qu’auparavant « on était une équipe de cinq contrainte d’accepter des contrats qui déviaient un tant soit peu de notre ligne directrice » ce qui amenait « un questionnement général ». Les flottements s’accumulaient tout autant que la charge de travail et la fondatrice avoue qu’elle arrivait souvent au bout de son énergie, « la structuration n’était pas bien faite, il y avait des tensions non résolues et je ne me retrouvais pas dans le rapport salariés-patron ce qui rendait difficile le positionnement de chacun ». N’hésitant pas à se qualifier « d’esclave » de son entreprise, Emmanuelle Pometan n’avait qu’une envie : trouver une porte de sortie.

Fin 2011, suite à sa rencontre avec iGi Partners, elle décide d’implémenter Holacracy au sein de son organisation : « Cela a permis de structurer le bureau par des rôles énonçant clairement les périmètres d’action de chaque collaborateur, d’assainir les finances et de devenir une agence de communication à part entière par la valorisation de nos acquis », explique-t-elle tout en se sentant ravie à titre d’exemple que « quelqu’un ait pris le rôle finance ce qui n’est pas dans sa sphère de compétence première » et surtout que « l’Agence soit comprise comme une entité à part entière et non comme un capital qui m’appartiendrait ».

Pour renforcer l’équipe, « nous fédérons des prestataires adéquats et élargissons notre capacité d’action ». La fluidité arrive très rapidement. La nouvelle équipe s’en trouve renforcée. « On a appris aussi par l’accompagnement de iGi Partners à utiliser au quotidien les outils de travail à distance », affirme celle qui a pu enfin se permettre de déménager « dans la Drôme », dans la région Rhône-Alpes, peu après pour ne revenir à Paris que 2 jours par semaine. « On se retrouve à La Mutinerie, nouvel espace de coworking parisien, et pour les réunions de triage, de gouvernance et parfois de stratégie, la visioconférence c’est parfait ! », sourit-elle en se réjouissant de cette nouvelle ère qui s’annonce.

« Les règles du jeu sont simples »

Si elle note que « l’accompagnement de iGi Partners était d’une qualité exceptionnelle », la fondatrice de l’Agence avoue aussi que l’arrivée de Holacracy demande un engagement de tous les jours pour appliquer de manière exponentielle un fonctionnement organisationnel « totalement différent ». Néanmoins, « plus le temps passe, plus je me rends compte que les règles du jeu sont simples, il suffit petit à petit de les assimiler ». Emmanuelle Pometan explique ne « jamais s’être sentie aussi bien » et « il n’y a plus de gros paquets cachés sous le tapis, les rapports entre collaborateurs de l’Agence sont sains et ouvre la possibilité à toujours plus de créativité. » En outre, à aucun moment, la boîte n’a été « mise en danger », les réunions régulières de semaine en semaine ayant apporté de la stabilité. « Holacracy a permis de concilier intelligence collective, performance et souveraineté des membres. »

Une situation financière beaucoup plus souple

Un an après son engagement avec Holacracy, L’Agence nouvelle culture connaît un véritable « second souffle ». « On continue avec nos clients avec une offre élargie et un business model adapté à la situation économique actuelle : des charges diminuées et une rétribution de chacun à partir des contrats conclus. »

Quand on évoque le fait que certaines entreprises, en proie au doute économiquement, pourrait être rebutées par le fait d’adopter une nouvelle organisation, Emmanuelle Pometan répond : « la difficulté financière est un symptôme d’une inadaptation de l’entreprise à son environnement ». Selon elle, Holacracy apporte, à terme, « une adaptabilité des organisations au XXIème siècle. Ces dernières décennies, les valeurs sociétales, tout comme les échanges de biens et de services ou encore les outils professionnels ont considérablement évolués, il est évident que la gouvernance entrepreneuriale doit faire de même. » En attendant, L’Agence nouvelle culture se porte bien et se place parmi ces organisations qui ont pris date avec l’avenir.

Propos tenus par Emmanuelle Pometan, gérante de L’Agence nouvelle culture et recueillis par Anthony Poix, journaliste