Un nombre croissant d’entreprises choisissent de rompre avec le modèle managérial conventionnel. Certaines font le choix d’une gouvernance constitutionnelle qui responsabilise et implique chacun. Une organisation réinventée où tous sont autonomes et incarnent la raison d’être de l’entreprise, portent des rôles explicites et les responsabilités qui en découlent.

Le concept de l'employé salarié est une invention récente et non une convention sociale remontant à la nuit des temps. Nul besoin d'être marxiste pour être sidéré par l'ampleur et la réussite des efforts mis en œuvre au début du XXe siècle pour transformer des êtres humains à la tête dure en docile employés. Les exigences des usines nées de la révolution industrielle imposaient une refonte drastique des habitudes et des valeurs humaines. Vendre son temps et non ce que l'on avait produit, se soumettre à des cadences de travail chronométrées, manger et dormir à intervalles précis, passer de longues journées à répéter indéfiniment les mêmes tâches minuscules - aucune de ces choses n'étaient, ni ne sont, des instincts humains naturels. Il serait donc dangereux de postuler que le concept de "salarié" ou tout autre dogme du credo du management moderne soit gravé dans le marbre des vérités éternelles

Gary HamelAuteur de « La fin du management: inventer les règles de demain »

Une transformation à effets indésirables ?

Mais cette transformation radicale n’est pas un fleuve tranquille. Ce chemin qui mène au self management et induit la responsabilisation de tous est semé d’embûches. Surtout, ce processus de responsabilisation a un prix. Celui de la rupture avec des habitudes, des réflexes, une façon de penser qu’il convient d’abandonner. Celui de la remise en question qui seule ouvre la voie au changement ; à cette organisation réinventée et au self management que tous appellent de leurs vœux. Sans efforts, sans difficultés et sans effets indésirables, point de changement ; la responsabilisation des collaborateurs reste un vœu pieux. A chacun donc de saisir la nécessité de dépasser ces effets exécrables mais inévitables qui conduisent l’organisation vers son but ultime : le self management.

Un outil pour aider à responsabiliser ? Échange avec Bernard Marie Chiquet

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Responsabiliser avec une constitution ?

Nous le savons tous : la zone d’apprentissage commence là ou la zone de confort s’arrête. Cette zone de non expérience réveille la peur de l’inconnu, crée de l’inconfort. C’est aussi le cas lorsqu’il s’agit de repenser et réinventer le management. Pour le rendre plus efficient, plus humain et centré sur les talents, les aspirations de chacun. C’est ce qui se passe lorsque, par exemple, un dirigeant, une entreprise choisissent d’adopter l’holacratie. Basée sur une constitution à laquelle chaque collaborateur adhère, qui accorde à tous des droits et des devoirs explicites, l’holacratie permet de donner vie à un système organisationnel fondé sur la clarté et la transparence, une gouvernance où seul ce qui est explicite à sa place. Finies les attentes implicites, elles n’ont plus de poids, et ceci est explicite. Les jeux de pouvoirs qui transforment une prétendue responsabilité en leurre, peuvent disparaître progressivement.

Bernard Marie Chiquet

About Bernard Marie Chiquet

Bernard Marie CHIQUET a été plusieurs fois entrepreneur et dirigeant de grandes entreprises : Executive Director chez CAPGEMINI, Senior Partner chez Ernst & Young, Président - Fondateur de Eurexpert. Dans un deuxième volet de sa carrière, il est devenu coach (HEC), médiateur (CAP’M), coach en Holacracy (2011) et Master Coach. Il est aujourd'hui Fondateur de IGI Partners (créé en 2007) Formateur, consultant en organisation, coach, conférencier, professeur à l’IAE Lyon School of Management (Université Jean Moulin Lyon III) et intervenant à HEC Executive Education.