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22/06/2020

Le vrai visage du self-management

Il est frappant de constater combien le self-management intéresse et interroge dans un grand nombre d’entreprises. Mais, comme souvent, cet élan se voit mis en cause par des compréhensions parcellaires, des définitions confuses voire erronées. Une situation qui pourrait laisser croire que le self-management serait simple à mettre en place.

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L’auto-gestion / self-management

Expression « moderne » de l’autogestion pour certains, le self-management serait un mode de gouvernance impliquant la réduction voire la disparition de la hiérarchie, et la responsabilisation des collaborateurs pour d’autres. Selon Frédéric Laloux, il se caractérise d’abord par des équipes autonomes interdépendantes. Mais, dans ce cas, comment expliquer, lorsque l’on y regarde de plus près, pourquoi si peu d’entreprises dans le monde peuvent se targuer d’avoir vraiment bâti leur organisation sur le self-management ? La faute à une complexité cachée ? Une chose est sûre : pour répondre à ces interrogations et avancer, il convient, une fois pour toute, de définir ce qu’est le self-management.

Self-management : un but, une finalité

A ma connaissance, très peu d’entreprises ont franchi le pas et fondé – avec succès – leur organisation sur le self-management. Deux entreprises emblématiques incarnent néanmoins très bien cette rupture : Morning Star, entreprise américaine créée en 1970 par Chris Rufer, et Buurtzorg, fondée aux Pays-Bas par Jos de Blok en 2006. Partis de rien, ils ont construit leur organisation sur des « principes » qui régissent l’ensemble des interactions qui animent l’entreprise et ses collaborateurs. Fruit de démarches, somme toute empiriques, ces entreprises incarnent aujourd’hui une forme avancée du self-management.

Ainsi, Morning Star s’est développée grâce à un corpus de principes signé par tous : le Colleague Principles. Pour son fondateur, le self-management peut d’ailleurs être défini comme « un corpus de principes qui guide le développement de l’organisation, de façon pertinente et efficiente, en libérant et en encourageant la créativité, l’initiative et l’engagement ; avec pour résultat de favoriser le bonheur au travail ». Preuve que le self-management peut devenir réalité, Buurtzorg comme Morning Star l’ont intégré dès le départ, de façon « native ». Une situation favorable qui tranche avec celle de toutes les entreprises déjà en activité et qui se sont construites en utilisant le modèle organisationnel conventionnel. Pour elles, la rupture n’en est que plus forte et plus complexe à surmonter.

Auteur

Bernard Marie CHIQUET

Il a été plusieurs fois entrepreneur et dirigeant de grandes entreprises : Executive Director chez Capgemini, Senior Partner chez Ernst & Young, Président-Fondateur de Eurexpert. Dans un deuxième volet de sa carrière, il a acquis une compétence d’executive coach (HEC), de médiateur (CAP’M) et coach en Holacracy® depuis 2011 et Master Coach depuis Janvier 2013, le plus haut niveau de certification.

Durant toutes ces années en tant que dirigeant, il a constaté que les organisations étaient sources de beaucoup de gâchis d’énergie et humain. “Comment avoir une structure organisationnelle simple, explicite, sans jeux politiques et de domination, qui s’adapte aussi vite que le changement lui-même et permet à l’être humain de libérer son potentiel ?” C’est pour répondre à cette question et trouver des alternatives au modèle hiérarchique pyramidal qu’il a fondé l’institut iGi en 2007 (aujourd’hui renommé Nova Consul), First Holacracy® Premier Provider depuis 2010.

Aujourd’hui formateur, consultant en organisation, coach, conférencier, professeur à l’IAE Lyon School of Management (Université Jean Moulin Lyon III) et intervenant à HEC Executive Education, centré sur l’évolution des modes de gouvernance et le leadership, Bernard Marie CHIQUET a crée le Management Constitutionnel®, aboutissement de ses recherches, pour apporter des solutions concrètes, sortir du statu quo et libérer les organisations.

 

 

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